Ça ne vaut pas le coup de prendre ce risque. C’est la conclusion à laquelle est parvenue une équipe de recherche dans une nouvelle analyse des e-cigarettes. On dit que si vous ne fumiez pas avant, vous ne devriez pas vous mettre à fumer au départ. 

Problèmes cardiovasculaires causés par les particules, les métaux et les arômes

Depuis des mois, les nouvelles en provenance des États-Unis sur les maladies et les décès liés à la cigarette électronique inquiètent les utilisateurs dans ce pays. Une nouvelle étude est maintenant susceptible de susciter de nouvelles inquiétudes. Dans la revue spécialisée Recherche cardiovasculaire, les chercheurs mettent en garde contre les risques potentiels de la vapeur pour la santé cardiaque. Selon eux, les liquides utilisés pour la cuisson à la vapeur contiennent des poussières fines, des métaux et des arômes qui pourraient causer des problèmes cardiovasculaires.

La foi dans la sécurité des cigarettes électroniques

Pour leur étude, les médecins ont analysé les données de plusieurs études à court et à long terme sur les effets de l’utilisation de la cigarette électronique sur le système cardiovasculaire. Beaucoup de gens pensent que ces produits sont sûrs, mais il y a de plus en plus de raisons de s’inquiéter de leurs effets sur la santé cardiaque. Les cigarettes électroniques contiennent de la nicotine, des particules, des métaux et des arômes, et pas seulement de la vapeur d’eau inoffensive. On sait déjà que les particules inhalées par l’air entrent dans le sang et ont finalement un effet direct sur le cœur. Même si les données disponibles jusqu’à présent ne sont pas encore suffisantes, elles suggèrent qu’il en va de même pour les cigarettes électroniques.

Les conséquences de l’utilisation chronique restent un mystère absolu.

La nicotine, par exemple, augmente la pression artérielle et le rythme cardiaque, tandis que la poussière fine entraîne un durcissement des artères, une inflammation et un stress oxydatif. On connaît ces problèmes grâce à des études sur les effets à court terme de la vaporisation, mais les recherches sont incohérentes et les conséquences de l’utilisation chronique de l’e-cigarette restent un mystère complet. Les dommages potentiels au cœur n’ont pratiquement pas été étudiés. Selon l’Organisation mondiale de la santé OMS, le nombre de bateaux à vapeur aux États-Unis est passé de 7 millions à 41 millions et il pourrait être de 55 millions. En Allemagne, environ 3,5 millions de personnes prennent régulièrement une cigarette électronique.

Il est urgent de faire preuve de transparence sur les ingrédients.

La nouvelle analyse montre que des études d’impact plus importantes et à plus long terme sont nécessaires. Elle doit surtout donner matière à réflexion aux utilisateurs de l’e-cigarette et décourager ceux qui ne fumaient pas auparavant. C’est un trop grand risque de supposer que vous ne devenez pas dépendant et qu’il n’y a pas de conséquences négatives et ça ne vaut pas le coup de prendre ce risque. L’étude souligne également la nécessité de réglementer les cigarettes électroniques : les entreprises devraient être tenues de dire à leurs clients exactement ce qu’ils inhalent, demandent les scientifiques. La transparence est particulièrement importante, car les produits changent constamment. De nombreuses entreprises ne publient pas les ingrédients de leurs liquides et prétendent qu’ils sont protégés par le droit d’auteur.

De nombreux nouveaux venus dans le domaine des cigarettes électroniques

Il ne faut pas supposer que des ingrédients tels que le propylène glycol, la glycérine et les arômes ont les mêmes effets lorsqu’ils sont inhalés que lorsqu’ils sont pris par voie orale. Par exemple, les récents rapports de maladies et de décès liés à la vapeur doivent encore être réduits à une seule substance ou un seul produit. Bien que l’utilisation de produits contenant du THC semble être liée à ces cas, l’administration des aliments et des médicaments américaine a déjà signalé que les maladies ne semblent pas se limiter à ces seuls cas. Les chercheurs soulignent que le tabagisme traditionnel est le facteur de risque le plus évitable pour les maladies cardiovasculaires et les décès qui y sont liés. En raison de la sécurité perçue par rapport à la vaporisation, de nombreux fumeurs sont passés aux e-cigarettes ou à une combinaison des deux. Cependant, il y a aussi beaucoup de nouveaux arrivants.

Grande popularité auprès des enfants et des jeunes

Le plus inquiétant est le nombre d’enfants et d’adolescents qui ont pris l’habitude et n’ont peut-être jamais commencé à fumer des cigarettes conventionnelles. On ne sait pas quels sont les effets sur leur santé. En fait, l’administration des aliments et des médicaments américaine met aujourd’hui en garde contre une épidémie de vapeur, en particulier chez les jeunes : le nombre de consommateurs dans les collèges et les lycées a augmenté de 1,5 millions en un an, et dans les lycées, un cinquième des étudiants américains consomment des e-cigarettes. Comme l’a montré une enquête commandée par le Centre allemand de recherche sur le cancer, de plus en plus de jeunes en Allemagne essaient la cigarette électronique. La proportion de jeunes de 16 à 29 ans qui ont déjà essayé un vaporisateur a presque doublé, passant de 11 à 20 %.

Lente reconnaissance des risques chez les adultes

Cependant, comme le soulignent les auteurs de la présente étude, la plupart des recherches actuelles se concentrent sur les adultes, en particulier ceux qui ont fumé des cigarettes classiques dans le passé. Il est donc difficile d’évaluer les conséquences pour les jeunes. Les effets possibles des e-cigarettes sur les fœtus lorsqu’une femme enceinte fait de la vapeur sont également inconnus. Les conséquences de l’inhalation passive sont également peu claires. Les adultes commencent à comprendre que les effets de la vapeur sur la santé ne sont pas encore totalement connus et que les risques peuvent être élevés.