Les cigarettes E sont incontestablement l’invention la plus révolutionnaire qui ait frappé l’industrie du tabac ces dernières années. Le marché est en pleine croissance et a trouvé des millions de consommateurs qui ont tourné le dos à la cigarette. En raison d’une réglementation largement inexistante, les fabricants de cigarettes électroniques sont en mesure de s’engager dans un marketing intensif. C’est une énorme épine dans le pied du secteur du tabac, qui pèse des milliards de dollars, et la lutte s’intensifie donc année après année avec des moyens et des déclarations parfois désespérés. Et puis il y a trois autres parties qui voudraient couper une part du gâteau.

Industrie du tabac

L’industrie du tabac et sa lutte contre la e-cigarette pourrait être le titre d’un livre à succès. Comme si les entreprises de cette branche de l’économie n’avaient pas à lutter suffisamment contre la baisse de la consommation de cigarettes provoquée par la hausse des taxes et l’interdiction de fumer, voir Office fédéral de la statistique, l’énorme essor des e-cigarettes et des produits de substitution de la nicotine à peine modulables sont également à l’origine des “têtes de fumeurs”.

Fabricants de cigarettes

Le fait que de plus en plus de fabricants de cigarettes se tournent vers la production de cigarettes électroniques montre à quel point le marché des cigarettes électroniques met l’industrie du tabac sous pression. Le groupe Altria, autrefois connu sous le nom de Phillip Morris et l’un des principaux fabricants de tabac au monde, a lancé le “MarkTen”. 

Il s’agit d’une mini-cigarette électronique ordinaire qui offre toutes les incommodités imaginables d’un tel modèle, une faible émission de vapeur, une batterie extrêmement petite avec une courte durée de vie et un goût qui laisse également à désirer. Reynolds américain, le deuxième plus grand fabricant de tabac aux États-Unis, veut également prendre pied sur le marché. 

La teneur en nicotine du liquide de cette seule e-cigarette, 4,8 % montre l’étendue extrême de la volonté de concurrence. Cela correspond approximativement à la teneur en nicotine de 260 % d’une cigarette normale.

Pharma industrie

L’industrie du remplacement de la nicotine est une activité qui pèse des milliards de dollars. Non seulement les nombreuses études objectives qui doutent de l’efficacité à long terme des produits de remplacement de la nicotine causent des problèmes aux fabricants. Ce sont surtout les consommateurs qui voient dans la cigarette électronique une bien meilleure alternative à la cigarette de tabac. 

Dans le cadre de son travail de lobbying, l’industrie pharmaceutique tente donc de présenter la cigarette électronique sous le pire jour possible. Exemple de cet engagement : une communication non-officielle de la sixième plus grande entreprise pharmaceutique du monde, “GlaxoSmithKline”, a fait l’objet d’une fuite à destination des hommes politiques, dans laquelle il est souligné que la cigarette électronique est la porte d’entrée de la consommation de tabac et que ces produits doivent donc être classés comme des drogues.

 Cette déclaration est absurde, si c’était néanmoins vrai, elle devrait être accueillie favorablement par les entreprises pharmaceutiques, car c’est exactement là que se trouve le groupe cible.

Et l’OMS ?

La part de taxe d’un paquet de cigarettes est supérieure à 70 %, c’est-à-dire qu’elle représente près des trois quarts du prix total du paquet. La taxe sur le tabac s’élève à plus de 56 % et la TVA à près de 16 %. Cette somme inimaginable explique à elle seule pourquoi les gouvernements sont également intéressés par la réglementation des e-cigarettes. 

Le lobby, des fumeurs réclame même l’introduction d’une taxe sur le tabac, la signification exacte du tabac est toujours écrite dans les étoiles. La politique fiscale a tout intérêt à collecter beaucoup d’argent pour les autorités fiscales par l’intermédiaire des fumeurs. Mais ce qui est caché en permanence, ce sont les coûts engendrés par les conséquences du tabagisme : traitement médical, retraite anticipée pour cause de maladie, diminution des performances, etc. 

Les projections ont montré que les coûts sont supérieurs de plusieurs milliards d’euros aux recettes de la taxe sur le tabac. En supposant qu’il y ait trois millions de bateaux à vapeur actifs en Allemagne, ce qui n’est plus un chiffre utopique qui sont passés du tabac aux e-cigarettes, on peut faire un petit calcul. Cela se fait au détriment des fumeurs actifs, qui doivent faire des bénéfices face aux augmentations de taxes. 

La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, qui a été établie pour protéger les générations actuelles et futures des conséquences du tabagisme actif et passif, arrive au bon moment, pourrait-on penser ? Mais même l’Organisation mondiale de la santé n’est pas d’accord avec l’énorme popularité de l’e-cigarette. C’est ce que l’on peut constater dans un simple rapport, qui a fait l’objet d’une fuite après une conférence de plusieurs. Il traite de toutes les préoccupations relatives aux “systèmes électroniques de distribution de la nicotine”.

Il traite en détail ces trois points :

– il n’est pas surprenant que ce qui suit constitue un avertissement détaillé sur les dangers potentiels de la consommation de cigarettes électroniques, dont la plupart sont probablement encore inexplorés. En fin de compte, les membres en viennent aux possibilités de régulation.

– il serait possible, par exemple, d’empêcher les fabricants de faire de la publicité pour les promesses de cigarettes électroniques comme moyen sain et éprouvé de sevrage tabagique et nicotinique, d’interdire les cigarettes électroniques en public, de réglementer efficacement la publicité, la promotion et le parrainage pour la protection des jeunes et des non-utilisateurs. Il serait possible aussi de protéger la société contre les intérêts commerciaux cachés du lobby des cigarettes et du tabac en ligne, introduire des réglementations, telles que l’interdiction des fruits, des bonbons et des liquides alcoolisés jusqu’à ce que des preuves empiriques soient fournies que les jeunes ne sont pas attirés, interdire les avertissements sanitaires, la surveillance et les contrôles complets et la vente aux mineurs.

– ces demandes parfois très confuses ont incité même les plus grands experts du tabac à publier une déclaration quelques jours après la publication, critiquant l’excès de panique. Les inquiétudes concernant les risques potentiels sont compréhensibles, mais il est important que les experts de la santé séparent leurs opinions subjectives des preuves scientifiques et présentent ces dernières aussi objectivement que possibles.