Les jeunes et les non-fumeurs adultes n’utilisent pas la cigarette électronique en général (la part des non-fumeurs est d’environ 1 %). Ce fait peut toutefois ne plus être d’actualité car, avec les progrès technologiques appliqués sur cet accessoire, il devient possible contrôler précisément sa consommation de tabac sans ressentir le besoin de revenir à la cigarette classique. Par inversement, la e-cigarette peut aussi représenter un moyen pour entrer dans le monde de la cigarette.

Les e-cigarettes : produit d’entrée ou de sortie ?

L’industrie du tabac cherche des alternatives pour initier les jeunes au tabagisme. Les cigarettes électroniques sont une aide à l’entrée, mais il faut remarquer que la cigarette électronique actuelle a été inventée il y a plus d’une décennie et qu’elle est disponible sur le marché international depuis 2005. Ce n’est qu’en 2012 que les grands fabricants de tabac ont commencé à acheter sur le marché des cigarettes électroniques et jusqu’à aujourd’hui, le “Big Tobacco” n’a pas apporté de nouveaux développements sur le marché. Il est donc invraisemblable de dire que les géants du tabac ont mis la cigarette électronique sur le marché parce qu’ils cherchent de nouveaux adeptes de la nicotine. En effet, l’industrie du tabac craignait plutôt que la cigarette électronique ne devienne pour elle ce que la photographie numérique était pour le fabricant de films et d’appareils photo “Kodak” : elle risquait de rater le lien avec la nouvelle technologie et de rester coincée avec le produit dépassé qu’est le “tabac”.

La e-cigarette est-elle vraiment une aide à l’entrée dans la consommation de tabac ?

Sur la base des données d’une étude transversale, les experts affirment qu’une aggravation de l’épidémie de tabagisme chez les jeunes peut être observée. Ce qui est étrange, c’est que les auteurs confondent corrélation et causalité. Dans l’étude transversale, les réponses d’une enquête menée auprès d’adolescents américains ont été évaluées. Dans cette enquête, il a été demandé aux adolescents s’ils fument des cigarettes et/ou s’ils utiliseraient des e-cigarettes. Une distinction a été notamment faite entre “jamais utilisé” et “utilisation actuelle”. Il en ressort que l’utilisation des e-cigarettes est associée au statut de fumeur et que l’utilisation des e-cigarettes est associée à une forte consommation de cigarettes et à des périodes pendant lesquelles ces fumeurs ne fument pas du tout. Toutefois, comme il s’agissait d’une étude transversale, il n’est pas possible de déterminer lequel des deux est arrivé en premier : La consommation de cigarettes de tabac ou la consommation de cigarettes électroniques.

Les chercheurs ont conclu à partir de ces données qu’il y a eu “aggravation de l’épidémie de tabagisme”, ce qui est non seulement tiré par les cheveux, mais passe complètement à côté de la réalité. C’est ce qui ressort clairement des statistiques sur le statut tabagique des jeunes. Par exemple, le nombre d’adolescents fumeurs aux États-Unis est en baisse constante depuis des années et est actuellement à un niveau historiquement bas. Et ce, malgré le fait que le marché de la cigarette électronique génère des ventes en constante augmentation depuis des années. Le fait est que la consommation de tabac chez les jeunes devrait augmenter et non pas diminuer ! Le nombre de jeunes qui utilisent régulièrement les e-cigarettes est très faible et va presque toujours de pair avec la consommation de cigarettes.

Vers une voie de sortie

Le fait que la e-cigarette soit plus un produit de sortie qu’un produit d’entrée est confirmé par plusieurs groupes de recherche, mais jusqu’à présent, toutes les études publiées sur le thème de la “e-cigarette” n’ont pas renforcé le mythe du “produit d’entrée”, les résultats suggèrent plutôt que les jeunes fumeurs utilisent la e-cigarette comme produit de sortie et/ou comme alternative moins nocive à la consommation de tabac.